vendredi 15 août 2014

Lima

L’idée de ce voyage a germé dans nos esprits, à Pauline et à moi, lors de notre retour du Tibet en 2004.  Nous cherchions un pays à découvrir, riche d’histoire, de diversité culturelle et géographique.  Le Pérou nous est apparu le choix idéal.

Nous voilà en route pour Lima, via Miami, à bord d'American Airlines.  Nous mangeons le contenu de la petite boîte à lunch remplie de gras trans, que nous avons dû acheter, tandis que les passagers de la première classe, assis dans la rangée devant nous, se font servir des hors d'oeuvre, du vin et trois choix de menus.  Cessons de nous plaindre car le vol se déroule sans turbulence, ni alerte à la bombe et on ne nous fait pas débarquer par la glissade de secours. Nous nous excusons auprès de Thierrry, Mona, Maya, Joël et Julie qui sont venus nous saluer à notre départ de Toronto mais que nous n'avons pas pu revoir après avoir enregistré nos bagages, puisqu'à ce moment nous avions déjà passé le contrôle de sécurité.

Lima est fidèle à sa réputation en ce dimanche matin, car le ciel est gris et une légère bruine plane dans l'air. Nous partons à pied explorer le quartier historique de Lima. Oups! Nous voilà parties dans la mauvaise direction; mais la petite boussole que j'avais mise dans mes bagages nous ramène vite dans la bonne direction.

Nous nous arrêtons à une caserne de pompiers et je ne peux m'empêcher de leur parler de Joël, mon fils pompier. Comme tous les pompiers du monde, ceux-ci sont d'une extrême gentillesse;  Carlos et Roger, deux pompiers volontaires, nous font visiter leur caserne et nous parlent avec enthousiasme de leur métier et du camion datant de 1893 qu’ils asticotent avec fierté.


Ce n'est pas facile de s’orienter dans Lima car, la plupart du temps, le nom des rues n'est pas indiqué.  À la Plaza San Martin nous assistons à une course de cyclistes, ce qui est assez spectaculaire en ces murs vieillots.  Le long de la rue piétonnière des marchands, nous découvrons trois magasins Bata.  Nous avons pensé à toi Serge; tu les aurais sûrement visités et rencontré les employés si tu avais fait le voyage avec nous.



À la Plaza de Armas, nous allons visiter la cathédrale qui est grandiose dans son apparat de style baroque. C'est l'heure de la messe et la cathédrale est remplie de fidèles; on sent leur ferveur. Les Péruviens sont des catholiques très pratiquants. Francisco Pizarro, le fondateur de Lima en 1535 et l'assassin de l’Empereur Inca Atahualpa, fut lui-même assassiné à la Plaza de Armas en 1541.



La cathédrale de Lima
Nous partons ensuite en taxi avec Vincente, un des chauffeurs de l'hôtel, pour le Museo Arqueologico Rafael Larco Herrera situé dans le quartier Pueblo Libre. Ce musée contient une imposante collection de poteries de plusieurs cultures péruviennes (mochica, chavin, nazca, huari, chimu) inca datant de 200 ans avant Jésus-Christ jusqu'aux années 1500, ainsi qu'une salle de poteries anciennes décorées de motifs et sujets érotiques qui démontrent que notre société moderne n'a rien inventé en matière de sexualité.

Pour le souper Vincente nous conduit dans le quartier Barranco situé sur le bord du Pacifique. Ses petites rues tranquilles avec leurs maisons colorées surplombent la falaise; la vie nocturne y est très animée et pleine de charme. Nous traversons le pont des soupirs et empruntons le passage La Bajada de Baños qui conduit à un jardin donnant sur la mer où Vincente prend plaisir à nous photographier; il a bien aimé la caméra de Serge. Nous soupons au restaurant Posada Del Mirador dont la spécialité est le poisson et les fruits de mer. Malheureusement la soupe aux fruits de mer (sopa de mariscos) contenait en grande partie de la pieuvre très coriace. La prochaine fois, nous allons nous en tenir au poisson (pescado). Au menu également, leche de tigre; Vincente nous explique que ce breuvage donne de la vigueur aux hommes, mieux que le viagra, nous assure-t-il.  Nous lui proposons d'importer la recette au Canada.  Richesse assurée!  Ces moments en compagnie de Vincente nous ont permis de pratiquer notre espagnol qui commence déjà à s'améliorer. Demain, nous partons pour Trujillo, situé à 560 kilomètres au nord de Lima.



jeudi 14 août 2014

Trujillo

Notre dernière journée à Lima s'est déroulée sous le signe de l'inquiétude et de l'aventure.  Au matin nous appelons à l'aéroport pour vérifier l'heure de notre départ et dans le message enregistré que nous obtenons,  nous comprenons que le départ pour Trujillo s'est effectué à 6h25.  Vitement nous prenons un taxi pour nous rendre aux bureaux de la compagnie Lan Peru au centre-ville afin de vérifier les horaires et prendre de nouveaux arrangements au besoin.  À notre grand soulagement nous apprenons que l'heure du vol a été retardée à 6:55 p.m. et non a.m.

Après avoir modifié nos arrangements de taxi et d'hôtel,  nous nous rendons dîner au restaurant L'Eau Vive tenu depuis 25 ans par des religieuses de la famille des Carmélites.  La supérieure est une française vivant au Pérou depuis 28 ans. Le restaurant fut une idée du Saint-Esprit, dit-elle;  les revenus servent aux œuvres de charité de la communauté.  Situé en plein cœur de Lima, tout près de la Plaza de Armas et des grandes banques, le restaurant dessert surtout les hommes d'affaires du coin ainsi que les touristes qui font cette merveilleuse découverte grâce à leur guide de voyage.  La salle à manger, peinte en orangé, est très lumineuse et l'atmosphère est chaleureuse.  La nourriture est exquise; on y trouve même du pâté de foie gras.  Les religieuses sont d'origines variées (Pérou, Congo, Burkina Faso, France) et portent les vêtements de leur pays pour servir aux tables.

Restaurant l'Eau Vice
Nous retournons à l'hôtel Posada del Parque pour récupérer nos bagages et faire nos adieux au personnel très attentionné qui nous a reçus si chaleureusement. Nous laissons nos gros sacs à dos à l'hôtel car nous y reviendrons dans quelques jours et apportons seulement un léger fourre-tout en plus de nos petits sacs à dos de jour.  A l’aéroport, nous décidons de ne pas enregistrer nos bagages et de les garder avec nous.  La consigne est de ne pas transporter d'objets de métal pointu tels que des ciseaux; mais je me rends compte que j'ai deux paires de ciseaux dans mon sac: des petits ciseaux pliables dans ma trousse de toilette et des petits ciseaux dans ma trousse de premiers soins.  Alors, je teste le contrôle de sécurité de l'aéroport; ils ont confisqué mes ciseaux pliables mais ont accepté les ciseaux de ma trousse de premiers soins.  La santé avant tout, il faut croire. 

Hôtel Posada del Parque à Lima
Pendant ce temps, Pauline fait beeper le détecteur de métal et se débat avec la bretelle de son soutien-gorge afin d'enlever son portefeuille qu'elle porte en bandoulière sous sa chemise et qu'on lui demande d'enlever. En le passant par la manche, la courroie reste prise dans la bretelle de sa brassière, qu'elle doit également sortir par la manche. Elle termine l'aventure un sein à l'air. Elle vous promet une démonstration à son retour au Canada.

Nous arrivons à Trujillo vers 20h00 sans autre fait cocasse.  C'est une petite ville coloniale située à 560 kilomètres au nord de Lima où Simon Bolivar établit en 1820 son gouvernement révolutionnaire et prépara sa campagne de libération.   La région comprend de nombreux sites archéologiques pré-colombiens fort intéressants.

Le lendemain après le petit déjeuner, nous retrouvons notre chauffeur de taxi, Edilberto, au coin de la rue de l'hôtel en train de faire cirer ses chaussures.  Il est propre comme un sous neuf tout comme son taxi d’ailleurs.  Comme la plupart des gens avec qui nous faisons affaires, il ne parle pas du tout anglais.  Avec nos connaissances limitées en espagnol, nos dictionnaires et nos mains, nous réussissons à nous faire comprendre.


Nous nous rendons à la Huaca de la Luna (Temple de la Lune), à quelques kilomètres au nord de Trujillo.  La conduite automobile n'est pas facile ici.  Sauf aux grandes intersections où il y a des feux de circulation, il n'y a pas d'arrêt aux coins des rues.  En principe c'est à chacun son tour de passer, mais ... cela donne lieu à bien des emberlificotages de voitures. Les taxis sont en très grand nombre, 9 voitures sur 10, et coûtent peu chers.

À l'entrée du site, nous sommes rapidement entourées par un groupe de jeunes élèves de 10 à 12 ans en voyage éducatif et plus intéressés par la rencontre de deux Canadiennes que par les directives de leur professeur. Enfin! Une conversation à notre niveau d'aise en espagnol: "Como se llama? De donde esta?  Cual es su trabajo?".  Ils nous ont même fait chanter Ô! Canada.


En route vers les ruines du temple, nous rencontrons notre premier chien péruvien, le biringo, race de chien sans poil dont la température du corps est très élevée et qu'on couche parfois avec les gens malades pour les garder au chaud. On retrouvait déjà cette race de chiens très ancienne au temps des Lambayeques et des Chimus dès les années 1000. La Huaca de la Luna dans les ruines de la ville de Moche, ancienne capitale des Mochicas (100 à 700 après JC), est une magnifique pyramide en adobe constituée d’une série de temples superposés qui renferment de magnifiques fresques murales.  Des travaux d’excavation et de restauration sont en cours de façon intensive depuis une dizaine d’années. Du sommet de la Huaca de la Luna nous apercevons la pyramide Huaca del Sol qui est beaucoup plus grosse mais très endommagée et non restaurée.

Chien péruvien, le biringo

La Huaca de la Luna
Monica, une guide amie d'Edilberto, se joint à nous pour la visite de Chan Chan, l'ancienne capitale des Chimus (800 à 1400 après JC) entièrement construite en argile. C’est un des plus importants sites archéologiques du Pérou. Le site s'étend sur 18 km carrés et comprend 9 palais-citadelles avec des ramparts, des places de cérémonie, des habitations, des sépultures, des greniers, des jardins et d'immenses citernes d’eau. Cette ville d’argile compta jusqu’à 60,000 habitants à l’époque des Chimus. Des fresques d'adobe moulées représentent des poissons, des oiseaux de mer, des vagues, des lunes et des arcs-en-ciel.  Fait intéressant: pour conserver les murs, les archéologues les recouvrent d'un vernis fait de jus de cactus.

Chan Chan, ancienne capitale des Chimus
Nous nous rendons dîner à Huanchaco, ville de pêcheurs et d’amateurs de surf située sur le bord de la mer.  Sur la plage on y voit les fameux petits bateaux de pêche (caballitos) très étroits et fabriqués avec des roseaux. Edilberto nous conduit au Club Colonial qui est un des meilleurs restaurants de tout le Nord du Pérou et dont la cuisine est un mélange intéressant de plats péruviens, français et belges.  Nous choisissons un plat de filet de sole à la sauce aux artichauts et un à la sauce aux crevettes. Un réel délice!


Chiclayo

Nous partons pour Chiclayo très tôt le matin à bord de l'autobus Emtrafesa; le billet nous coûte 14 soles (7$), c'est vraiment pas cher.  Par la fenêtre nous apercevons des régions désertiques puis des champs de cultures de maïs, de canne à sucre et de riz.  Comme il ne pleut presque jamais dans cette région désertique, sauf au temps d'El Niño et le dernier fut en 1998, un système d'irrigation apporte aux champs l'eau en provenance de la mer et des montagnes.  Nous profitons de ces 3 heures de trajet pour étudier un peu d'espagnol à l'aide du petit livre prêté par Julie.  Les expressions courantes qui s'y trouvent nous sont bien utiles.  Nous aurions bien besoin de bouchons d'oreilles car on vient d'ouvrir la télévision et les haut-parleurs sont juste vis-à-vis de nous.  Nous apprenons une leçon: mieux vaut réserver les billets d'autobus à l'avance afin de choisir les meilleures places. A l'approche de Chiclayo, nous découvrons un moyen de transport très populaire, il s'agit des mototaxis à 3 roues.


A notre  arrivée à Chiclayo, un taxi nous conduit à l'Hôtel Inca où nous avions réservé une chambre.  Heureuse surprise, l'hôtel est bien aménagé, très propre et offre beaucoup de services.  De plus, le personnel est affable et toujours à l'écoute.   Cet hôtel est bien meilleur que l'Hôtel Pullman à Trujillo où la chambre sentait le renfermé et le personnel avait une mauvaise attitude.  De notre chambre, nous avons une vue sur l'hôpital de la ville d'architecture coloniale et sur une jolie chapelle adjacente.


Nous partons à pied dans la ville pour nous rendre au restaurant Pueblo Viejo qui est coté comme un des meilleurs du Nord du Pérou dans notre guide de voyage.  Pour nous y rendre nous devons traverser une rue très achalandée, sans feux de circulation et sans arrêt obligatoire. Nous avons développé une tactique pour ces circonstances; nous nous tenons près des piétons qui traversent la rue sans crainte.  Cette fois-ci nous demandons à une dame de nous aider à traverser la rue.  Elle se met à nous jaser, toujours en espagnol, et à nous poser toutes sortes de questions.  Elle nous aide finalement à traverser et nous conduit au restaurant.  Elle nous quitte en nous embrassant plus d'une fois.   À notre grande déception, le restaurant Pueblo Viejo n'existe plus et est remplacé par un autre restaurant où nous nous mangeons quand même. Nous nous attendions à un dîner gourmet et nous sommes quittes pour de la nourriture graisseuse et sans goût, accompagnée de musique trop forte.

Dans l'après-midi nous nous rendons à la ville de Lambayeque au nord de Chiclayo  pour visiter le Musée des Tombes Royales de Sipán.  Notre guide ne parle qu'espagnol et c'est par petites bribes que nous absorbons les informations. Sipán était un lieu de sépulture à l'époque des Mochicas (de 200 ans avant JC à 600 après JC).  La découverte en 1987 du tombeau intact d'un chef mochica "Le Seigneur de Sipán" est la plus importante jamais faite depuis la découverte des ruines de Machu Picchu.  Dans ce lieu de sépulture ont  également été retrouvés les squelettes de la femme du Seigneur, de deux concubines, d'un gardien et d'un guerrier, tous offerts en sacrifice à la mort du Seigneur.  Les pieds du gardien ont été coupés afin qu'il ne s'évade pas.  Des ornements en or et des poteries se trouvaient également dans les tombes.  Sur ce site, les archéologues ont aussi découvert le tombeau du vieux Seigneur de Sipán qui a vécu environ 100 ans avant le premier et celui d'un prêtre.

Au Musée des Tombes Royales de Sipan
Àprès notre visite, nous retrouvons Juan, notre chauffeur de taxi, qui nous ramène à l'hôtel.  Il est tellement aimable que nous réservons ses services pour tous nos déplacements hors de la ville.

Dès 8h30 le lendemain matin, nous nous rendons à quelques trente kilomètres de Chiclayo avec  Maria, notre guide,  pour la visite du site archéologique de Tucume. Dans la cour, d'immenses caroubiers jettent de l'ombre sur une aire de rassemblement.  Le fruit du caroubier est utilisé dans la cuisine et sert aussi à préparer un sirop pour soigner les maladies respiratoires. Les civilisations anciennes utilisaient ce bois pour fabriquer des armes et des instruments de travail, pour sculpter des statues ainsi que pour chauffer les fours à poterie. Tout comme à la Huaca de la Luna à Trujillo, nous sommes accueillies par un chien sans poil (biringo) qui habite sur ce site et qui est nourri par les gens qui y travaillent. Les pièces de poterie qu'on peut voir dans le musée démontrent que ces chiens existaient déjà à l’époque des Mochicas. Le musée possède de belles pièces de poterie utilisées lors des cérémonies au temple. Comme ces civilisations n'avaient pas de système d'écriture, la poterie servait à représenter les coutumes, les croyances religieuses, les événements, les animaux et les plantes.

Site archéologique de Tucume
Le site de Tucume comprend 26 pyramides de diverses natures: temples, palais, centres administratifs, cimetières. La ville s'est développée autour de la Montagne Sacrée dont l'accès était réservé aux prêtres et aux nobles. La plus grande pyramide, la Huaca Larga, mesure 700 mètres de long et est la plus grande structure en adobe de l'Amérique du Sud. Trois grandes civilisations ont habité ce site de l’an 1100 jusqu'à la conquête espagnole en 1532: les Lambayeques ou Sicans, les Chimus et les Incas. Les fouilles ont commencé en 1989 et seule une petite partie du site est accessible aux visiteurs.  Un escalier de pierre mène en haut de la montagne et un belvédère offre une vue panoramique sur tout le site. À notre arrivée en haut de la montagne, un vautour se perche tout près de nous. Pourtant, malgré la chaleur, nous ne sentons pas la charogne.



Voici une anecdote intéressante racontée par Maria.

"Depuis la conquête espagnole, cette montagne s'appelle la Montagne du Purgatoire. On raconte que pour effrayer la population et inciter les indigènes à se convertir au catholicisme, les espagnols ont envoyé des hommes habillés en diable sur le flanc de la montagne et ont allumé de grands feux.  Ils circulaient ensuite à cheval tout autour de la montagne et disaient aux gens que s'ils ne se convertissaient pas, ils seraient brûlés.  De nos jours, lors de la fête de l'Immaculée Conception, les gens dansent costumés en diable pour rappeler cet événement."


mercredi 13 août 2014

Lambayeque

En route pour Lambayeque, ville située à 12 kilomètres au nord-ouest de Chiclayo, nous nous arrêtons au village Mochumi où la statue d'une femme portant sur sa tête un plateau de fruits, en forme d'une immense courge, orne la place publique.  Plusieurs mototaxis sont stationnés devant la place et les chauffeurs tout joyeux nous interpellent amicalement.  Ils acceptent de se faire photographier avec beaucoup d'enthousiasme.



Nous nous rendons ensuite au Musée archéologique Bruning, nommé d'après un collectionneur d'objets d’art péruvien d'origine allemande. Les salles dédiées au Seigneur de Sipán sont très impressionnantes et nous font découvrir la grandeur des réalisations des cultures pré-incas et nous aident à comprendre leurs croyances religieuses et leur structure sociale. Ce musée renferme des collections imposantes de céramiques, de tissus et d'objets de la vie courante.  On peut aussi y voir une momie vieille de mille ans enveloppée dans des pièces de tissu bien conservées.



Dans un présentoir, on retrouve un Quipur, collier rond auquel pendent plusieurs cordes qui servaient à compter, à illustrer des quantités et à enregistrer des informations.  Avis aux filles du Service de la paie du Conseil scolaire : préparez-vous à recevoir des leçons de Quipur pour faire la paie des employés.  Une dernière salle présente de magnifiques objets en or: colliers, disques d'oreilles, boucles de nez, couronnes et masques funéraires qui nous laissent bouche bée d’admiration.



Sur la recommandation de Maria, Juan, notre chauffeur du taxi, nous laisse au restaurant La Fiesta, situé à l'écart du centre-ville.  Puisque notre capacité à s'exprimer en espagnol est limitée, les serveurs font tous les efforts possibles pour nous expliquer les mets offerts.  Devant la haute qualité du restaurant, nous nous aventurons à commander du ceviche (poisson cru mariné dans un bouillon citronné), du pisco sour (boisson traditionnelle du Pérou) et du lomo fino saltado (filet mignon sauté avec des oignons et des poivrons servi dans une sauce délicieuse et accompagné de frites).  De plus, nous buvons un excellent café espresso.  Pour terminer le repas, une facture très salée.


Nous retournons à l'Hôtel Inca à Chiclayo bien rassasiées et, ma foi, un peu pompettes.  Une promenade dans la ville nous fait beaucoup de bien. Nous nous arrêtons dans plusieurs boutiques et en profitons pour jaser avec les vendeurs qui nous accueillent avec le sourire et sont toujours curieux de savoir d'où on vient.
À la Plaza de Armas, près de la cathédrale, les cireurs de souliers se font insistants.  Comment leur dire en espagnol que des espadrilles ça ne se cire pas !!


En soirée, nous revenons à la vie réelle, avec la corvée du lavage, dans notre chambrette.

Nous partons demain pour Puerto Maldonado pour un séjour de 5 jours dans la selva (forêt tropicale). Nous aurions bien aimé nous rendre à Cajamarca au Nord du Pérou car cette charmante ville coloniale nous a été fortement recommandée.  Nous suggérons à tous les visiteurs de venir découvrir la région du Nord où peu de touristes se rendent et où nous avons été accueillies comme des amis, des parents lointains.



mardi 12 août 2014

Tambopata - El Refugio

Nous avons dû séjourner une journée à Lima en revenant de Chiclayo car les vols pour Cuzco ne concordaient pas avec notre arrivée.  Nous quittons l’Hôtel Posada del Parque à 4h du matin avec Ulyses, notre sympathique chauffeur de taxi, afin de prendre le vol pour Puerto Maldonado.

Bien des émotions nous attendent.  Au guichet d'embarquement, la dame me dit que je n'ai pas de billet d'avion pour Puerto Maldonado dans mon carnet.  QUOI!! Pauline et moi avions des carnets identiques car j'avais fait la réservation des vols intérieurs moi-même à Toronto. Il devait y avoir une erreur.  Après une deuxième vérification, il faut que je me rende à l'évidence, je n'ai pas le billet pour Puerto Maldonado. Pauline a alors la brillante idée de suggérer que mon billet a probablement été enlevé du carnet en même temps que celui pour Lima, soit la dernière fois où nous avions pris l'avion. Après un appel à la compagnie par la préposée au guichet, il s'avère que Pauline avait bien identifié le problème.  Mon billet est envoyé par fax et je peux enfin embarquer dans l'avion avec beaucoup de soulagement.

Hier soir nous sommes allées souper chez les religieuses à l'Eau Vive au centre-ville de Lima.  À notre retour, le chauffeur de taxi s'est perdu dans la ville. Il conduisait très mal et klaxonnait tout le temps; nous avions la sensation d'être dans un manège très inconfortable.  Et dire que la soeur supérieure avait pris la peine d’aller dans la rue pour nous obtenir un taxi fiable.

Est-ce que le Seigneur aurait mis la main à la pâte hier soir ?  C'est le seul matin où nous nous réveillons toutes les deux avec la diarrhée.

À notre arrivée à Puerto Maldonado, point de départ pour la Réserve Nationale Tambopata, Géraldina, une guide de Rainforest Expeditions, nous accueille chaleureusement et nous fait monter dans l'autobus très coloré de la compagnie.  En attendant les autres voyageurs qui arriveront par des vols ultérieurs, Géraldina nous amène visiter le pavillon des papillons (mariposas) et celui des serpents.  Une des guides nous invite à les toucher et à les prendre dans nos mains.  Leur peau est douce et agréable au toucher et nous prenons plaisir à les caresser. Bien qu’il s’agisse de boas constricteurs, ils sont sans danger pour les humains en raison de leur petite taille.



Nous partons en bateau sur la rivière Tambopata, qui s'étend sur 102 km, de Puerto Maldonado à Puno, pour nous rendre au lodge El Refugio où nous passerons la nuit. Le trajet est d'une durée de 2 heures et demie. Nous prenons notre repas du midi servi dans des feuilles de bananiers et somnolons durant une partie du trajet, bercées par le vent et les flots.  Un court arrêt au poste de contrôle La Torre nous permet de nous dégourdir les jambes et aller visiter le "petit coin".



Nous arrivons finalement au lodge après une marche en forêt d’une quinzaine de minutes qui nous conduit à un niveau plus élevé (la terra firme).  C'est un lieu idyllique; tout est en harmonie avec la nature.  Les bâtiments sont à aire ouverte et entièrement construits de matériaux naturels; notre chambre s'ouvre sur la forêt. Une moustiquaire au-dessus du lit nous protège des insectes mais il y a toujours des petits malins qui réussissent à s'infiltrer et il faut les déloger avant d'aller au lit.  Des lampes à l'huile et des chandelles nous éclairent le soir.  


Avant le souper, nous partons en randonnée dans la forêt avec notre guide Rocio à la découverte de papillons et d'insectes qui ont élu domicile sur de larges feuilles pour passer la nuit. La nuit vient rapidement dans la jungle et bien qu'il soit à peine 18h, nous revenons au lodge en nous éclairant avec nos lampes de poche.

Au retour, un délicieux souper nous est servi à la lumière de chandelles déposées sur des plafonniers faits de branches d'arbres et de demi-cocos.  À notre table la conversation se fait en quatre langues: espagnol, français, anglais et allemand.  Nous nous mettons au lit à 20h30 sous notre dôme en filet, bercées par le chant des insectes de la nuit.





Le lendemain matin, Rocio nous réveille à 5h00 et après avoir savouré un bon café et quelques fruits, nous partons en forêt afin d'observer les oiseaux à leur réveil. 

Du haut d'une tour d'observation de 30 mètres, nous admirons l’éveil de la nature, le reflet du soleil qui change graduellement la couleurs des arbres, puis les aras macaos aux coloris bleus, verts, jaunes et rouges, les toucans et les oiseaux de proie qui viennent se percher sur les arbres.


À notre retour au lodge, un déjeuner très soutenant nous attend.  Une visite au magasin de souvenirs nous donne l'occasion d'acheter plusieurs petits cadeaux que nous distribuerons à notre retour à nos familles et amis. Avant notre départ pour le Centre de Recherche Tambopata (TRC) situé plus loin sur la rivière, nous retournons explorer d'autres sentiers dans la forêt.  Nous y voyons d'immenses arbres à noix du Brésil dont certains ont jusqu'à 100 ans d'existence.  Ils produisent des noix (castaños) lorsqu'ils atteignent 40 à 50 ans.  Chaque coco contient 17 à 20 noix et un arbre peut produire 100 à 150 cocos par année.  Les noix sont également la nourriture principale des macaos.  Les membres de la communauté Condenado sont des fermiers et ils récoltent les noix de novembre à mars.  Nous voyons également des arbres à quinine dont l’écorce était utilisée pour la fabrication de médicaments avant l'utilisation de produits synthétiques.  Nous entendons soudain le bruit d'animaux courant dans la forêt; c'est un troupeau de pécaris (cochons sauvages) qui traversent le sentier.  Bien qu'ils ne soient pas dangereux, nous devons éviter de bouger car ils n’ont pas une bonne vision et, s'ils sentent notre présence, ils peuvent partir dans toutes les directions et nous bousculer.



Tout au long de notre voyage de retour en bateau, nous rencontrons des groupes de chercheurs d'or qui viennent s'installer ici pendant plusieurs jours ou plusieurs mois.  Ils habitent sur leurs bateaux ou dans de petits campements le long de la rivière.  Ils doivent sûrement récolter quelques pépites car ils reviennent à chaque année.

Un peu plus loin, nous voyons deux capybaras, le plus gros spécimen de la famille des rongeurs,  qui viennent se nourrir de feuillage sur le bord de la rivière, tandis que des oiseaux se perchent sur leurs têtes. Nous arrivons finalement au Centre de Recherche Tambopata au bout de 4 heures et demie.



vendredi 8 août 2014

Le Centre de recherche de Tambopata

Le lodge est situé au même niveau que la rivière, donc en terrain très humide.  Il est construit de la même façon que El Refugio mais est plus petit, ce qui lui confère une ambiance plus intime.  Un pavillon pour les salles de bain est à la disposition des visiteurs.  Présentement, nous ne sommes que 7 voyageurs au lodge : 3 Américans, 2 Françaises et 2 Canadiennes.  Avant le souper nous allons faire une randonnée de nuit, car il fait déjà nuit à 18 heures ici.  Nous découvrons, cachés dans les racines d'un arbre, une maman tarantule et ses bébés.  Il n'y a pas de papa parce que la femelle tue le mâle après l'accouplement, la relation étant très douloureuse pour elle.  Ce soir nous allons au lit à 20h30 car nous nous lèverons à 4h00 demain matin pour partir encore une fois en excursion.


Le lodge du Centre de recherche
Il fait encore nuit le lendemain matin, lorsque nous partons en bateau pour nous rendre aux dépôts salifères (clay licks) où des centaines d'aras macaos, de perroquets et de perruches de toutes les couleurs viennent, chaque matin dès le lever du jour, lécher la falaise pour se nourrir et offrir un spectacle aussi coloré qu'étourdissant. De notre aire d’observation située à bonne distance de la falaise, nous attendons patiemment et en silence l’arrivée des premiers oiseaux.  Puis soudainement, ils arrivent de plus en plus nombreux et le bruit de leur jacassement rauque devient incessant.  Nous les voyons voltiger d’un perchoir à un autre à la recherche d’une savoureuse portion d’argile, cet aliment riche en sels et minéraux, essentiel à leur digestion.  Pendant que nous nous accrochons à nos longues vues pour découvrir les nouveaux spécimens qui survolent la falaise, un ara macao fort ardi et curieux vient se percher au sommet d’un arbre voisin.  De ses cris perçants, il semble nous dire "Regardez-moi, je suis le plus beau". Après quelques heures de guet, quand les oiseaux bien rassasiés se sont envolés vers d'autres lieux, nous retournons au bateau par un sentier boueux et revenons au lodge.


Au cours du déjeuner quelques aras macaos, qui ont grandi près du lodge, viennent se nourrir de bananes et osent même voler de la nourriture dans notre assiette.  Ils doivent bien rire de nous qui nous sommes levés si tôt pour aller les observer à distance tandis qu’ils viennent nous visiter tout naturellement dans la salle à manger.    



Nous repartons pour une randonnée de 2h30 dans les sentiers du Centre de Recherche.  Cette fois-ci les attractions principales sont un nid artificiel pour les aras macaos construit par les chercheurs afin d'assurer la survie des oeufs d'aras déposés dans les couches inférieures du nid, un groupe de singes bruns capucins qui s'amusent à sauter de branche en branche, des singes hurleurs et des arbres à coton. Nous avons dû chausser des bottes de caoutchouc car les sentiers sont inondés en plusieurs endroits et très boueux.



Nous passons ensuite l'après-midi au lodge car c'est le moment le plus chaud de la journée. Encore une fois nous avons la visite de nos amis les aras macaos qui viennent se percher sur le bord du muret de notre chambre et se promener de chambre en chambre sur les poutres du plafond.  La chaleur et l'humidité sont intenses lors de notre randonnée de fin d'après-midi.  Au lodge, nos vêtements ne réussissent pas à sécher.  Nous laissons tomber soutiens-gorge et petites culottes et enfilons seulement les vêtements nécessaires pour nous protéger des insectes.  Ah! que la douche est rafraîchissante ... mais pas pour longtemps.  

De nouveau, nous nous mettons au lit à 8h30, après un délicieux souper et une présentation sur la protection des aras macaos par un chercheur de la Réserve Nationale Tampobata.


Toujours aussi ponctuelle, Rocio notre guide nous réveille à 4h pour une dernière visite aux dépôts salifères (Clay Licks).  Un nouveau groupe s'est joint à nous et nous sommes maintenant une vingtaine à s'y rendre.  Les oiseaux sont en moins grand nombre qu’hier.  Nous voyons moins de variétés d'oiseaux mais prenons plus de temps à les observer et à les identifier. 

Nous prenons notre dernier déjeuner au Centre de Recherche et faisons nos adieux au personnel, à Elsa qui nous a préparé de si bons cocktails (Pisco Sour, Gato Sour, Blue Morpho), à son petit garçon de 4 ans Anderson et à Sabino notre serveur à la salle à manger.  En attendant le départ, nous nous berçons dans les hamacs et jouissons de ce moment de détente au son des oiseaux chanteurs et des oro pendolas.



Notre retour en bateau jusqu'au lodge El Refugio, où nous passerons notre dernière nuit dans la forêt tropicale, s'effectue plus rapidement car nous voyageons dans le sens du courant. En route, nous dégustons le repas du midi enveloppé dans des feuilles de bananiers, riz au poulet et aux bananes enveloppé dans des feuilles de bananiers et attaché avec un ruban d'écorce de bambou  Cet emballage est très pratique car nous pouvons le jeter à la rivière lorsque nous avons terminé notre repas.

Nous retrouvons notre chambre 4 étoiles toute propre et bien rangée et bientôt nous sommes dans le barda car nous profitons de la chaleur et du soleil pour faire notre lavage.  En attendant que nos vêtements sèchent nous faisons notre séance d'étirements quotidiens afin d'être en forme pour notre chemin de croix, c'est-à-dire notre marche de 4 jours en montagne dans le Chemin de l’Inca.

Nous partirons très tôt demain matin pour retourner à Puerto Maldonado afin de prendre l'avion pour Cuzco.